Hier encore, je rêvais de tous vous voir enchaînés à votre propre jeu, pris au dépourvus. Votre véritable personnalité enfin dévoilée aux yeux du monde... Enfin, salauds! C'est drôle comme soudainement, vous ne riez plus. Mais que ce passe t-il? Serait-ce que vous ayez enfin comprit? Comprit que vous ne pourrez plus vous en sortir indemnes?
La vérité tu ne l'as pas comprise...
Je sais la vérité, je l'ai toujours adorée...
Je sais la vérité, je l'ai toujours détesté!
Je n'ai pas envie d'être comme toi. Tu l'as si facile, mais un jour venu, tu tomberas et je rigolerai de ta défaite!
Sous tes airs supérieurs, tu essayais de camoufler le fait que tu n'y comprenais strictement rien. Tout ce qui comptait pour toi, c'était ton bien-être. Tu m'aurais laissé pourrir au fond d'un puis si tu savais que, toi, tu étais pour t'en sortir. Tout ce qui comptait, c'était que, toi, tu réussisses et rien d'autre. Tu me dégoûtes.
Et même lorsque tout allait bien, tu trouvais le moyen de te plaindre. Tu n'envisageais pas la possibilité que quelqu'un d'autre que toi puisse respirer le même air tout en ayant également des soucis.
Plus que tu criais, plus je prenais plaisir à t'entendre. Tu souffres? Tant mieux! J'aimerais me transformer en bête, avoir des crocs acérés pour te déchiqueter, avoir des griffes pour t'éventrer, avoir de la force pour te faire tomber et te faire avouer!
Tu sais que je serais incapable de te faire ça, mais j'aime me l'imaginer. Toi, agonisant... seul, dans le noir. Diras-tu encore que tu as des problèmes? Tu aurais bien raison. Les remords et l'amertume te suivront jusque dans ta tombe. Et j'irai faire pression quand ils se fatigueront. Tu as mérité ce que tu as récolté. Tu as choisi ta situation. Tu y a mit tant d'efforts. Dommages qu'ils ne servent à rien maintenant...
Je regardais mon sang couler sur le long de mon bras. Je pris goût à le voir lentement dégouliner jusqu'à mes doigts. La mort, lente et charnelle, s'ouvrait à moi. Douce et enivrante, elle m'accueillait à bras ouverts. Souvient-toi de moi comme je me souviens d'elle, douce et belle, sans vantardise aucune.
Je sentis ton regard d'effroi sur moi. Tu criais, mais je ne t'entendais plus. Mais je possédais encore la vue et je te vis tomber.
Il me semble qu'il s'était passé des heures, des journées avant de voir enfin un rayon de lumière à l'horizon. Et quand je le vis, je ne t'entendis pas crier à pleins poumons que tu étais désolé... Ce fut la fin la plus merveilleuse. Si merveilleuse que je n'aurais oser l'espérer même dans mes rêves les plus fous; rendre l'âme en ayant le sourire aux lèvres de te voir ainsi, douce vengeance...
Je te hais.
Je vous hais.